D’où vient la guérison

D’où vient la guérison

D’OÙ VIENT LA GUÉRISON?

Par Jean-Jacques Dubois Ph.D.,
Thérapeute, conférencier, auteur
Montréal, Qc., Canada.
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D’OÙ VIENT LA GUÉRISON ?

Un champ électromagnétique équilibré crée un terrain favorable au déclenchement des processus d’auto-guérison

Les causes profondes de nos maladies sont l’émergence et la concentration de nos souffrances refoulées dans une région du corps ou dans un organe (maladie physique) ou dans des comportements inadaptés (maladie psychique); nos souffrances sont souvent (sinon toujours) en synergie avec (dynamisées par) les souffrances d’un autre ou d’autres. Des recherches récentes en biomédecine autorisent à penser que ces souffrances en se concentrant sont ni plus ni moins des champs électromagnétiques déséquilibrés indissociables d’inflammations, de déficiences du système immunitaire et de comportements inadaptés. Ces souffrances ou champs électromagnétiques déséquilibrés étant confusément perçus par l’homme archaïque ou religieux, on les a nommés « esprits maléfiques». Ceux-ci délogeaient les esprits bénéfiques (perte de l’âme) de la personne qui tombait alors malade. Autrement dit, un champ électromagnétique déséquilibré chasse un champ électromagnétique équilibré, et, ce faisant, crée un terrain propice à la maladie.

La guérison va donc inverser cette dynamique. Un champ électromagnétique équilibré (esprits bénéfiques) devra chasser et remplacer le champ déséquilibré (esprits maléfiques) pour ainsi créer un terrain propice au déclenchement des processus de guérison. Lors d’un exercice de guérison par imposition des mains ou d’un exorcisme, deux formes de transfert d’énergie, il se dégage sous les mains du guérisseur ou de l’exorciste une chaleur d’une intensité étonnante. La chaleur, dit le physicien, c’est de l’énergie dégradée, c’est-à-dire de l’électromagnétisme déséquilibré. Cette chaleur, contrairement à ce que pensent les guérisseurs énergétiques et les exorcistes, ne provient pas d’eux-mêmes ou de Dieu (Énergie) dont ils ne sont, à leurs dires, que les canaux, mais provient des patients. En effet, lors du transfert d’énergie, l’énergie du guérisseur ou de l’exorciste expulse l’énergie dégradée (chaleur = inflammation) de la région malade du corps (imposition des mains), ou de l’ensemble du corps (exorcisme). En chassant le champ magnétique déséquilibré, on chasse forcément l’inflammation locale (imposition des mains) ou globale (exorcisme), inflammation indissociable de l’électromagnétisme déséquilibré (énergie dégradée).

La guérison est parfois très rapide et spectaculaire. Mais si la maladie est profondément et depuis longtemps ancrée dans le corps et l’âme de la personne, la guérison peut parfois prendre plusieurs mois. Dans les deux cas, on chasse un déséquilibre par un équilibre.

Horreurs des médecines énergétiques qui tuent en prétendant guérir

Mais le chasse-t-on vraiment ce déséquilibre ? Il est très rare que les médecines énergétiques (acupuncture, reiki, prière, néo-chamanisme, imposition des mains, etc.) chassent ces mauvaises énergies. Cependant, elles réussissent souvent là où la biomédecine et la psychologie officielle ont échoué. En réalité, ces médecines énergétiques n’ont pas expulsé mais refoulé et redilué dans l’inconscient (l’ensemble du corps) ces souffrances qui pouvaient au moins, auparavant, évacuer leur trop-plein par la maladie. Ces souffrances ont donc été retournées là d’où elles venaient; et la personne se retrouve, pour un temps, en santé. Le guérisseur a colmaté la brèche; il a bouché la soupape de sécurité du « presto ». C’est ainsi que souvent, en guérissant, on tue, sinon on rend bien plus malade encore.

Un acupuncteur de Hull, en guérissant une personne de son angoisse, lui a déclenché un cancer mortel. Des religieuses catholiques guérissent par leurs prières un riche résident de Gatineau, moyennant l’héritage de sa fortune ; trois mois plus tard, il meurt. Un groupe charismatique de Montréal se met en prière pour guérir la phlébite d’une amie qui, aussitôt, est guérie ; la « grâce de Dieu » lui a été presque fatale. En effet, Dieu l’a guérie de sa phlébite en dilatant la veine de la jambe qui retenait un caillot qui s’est ensuite logé dans la veine pulmonaire et qui a provoqué une embolie. Etc. Les erreurs deviennent souvent des horreurs surtout quand on s’en remet à Dieu, sous prétexte qu’il ne peut vouloir que le bien de celui qui le prie. Dieu (ou Énergie, ou Univers) ignore bien des choses et son ignorance en fait un incompétent, tout au moins dans le domaine de la guérison.

La véritable guérison commence par l’exorcisme des esprits maléfiques (libération des souffrances refoulées)

Le guérisseur doit donc savoir ce qu’il fait. Et pour ce, il doit bien connaître le corps et l’âme de l’être humain et bien comprendre les problématiques de ses patients. Telle est la condition minimale pour éviter l’horreur.

En outre, le guérisseur ne peut s’en tenir qu’au seul transfert d’énergie (par imposition des mains ou à distance). Il doit exorciser les esprits qui se matérialisent dans la maladie. Autrement dit, avec son patient, il doit identifier la provenance, chez ce patient (auto-ensorcellement) et dans son environnement (ensorcellement et possession), de la souffrance qui s’exprime enfin par la maladie. Dès lors la maladie devient créatrice ou prometteuse d’une nouvelle création de soi. Il est essentiel de bien comprendre la problématique du patient pour, non pas refouler et rediluer à nouveau la souffrance qui s’exprime dans la maladie, mais pour libérer le patient de cette souffrance et ainsi éliminer la cause de la maladie. Il s’agit donc de conscientiser sa souffrance plutôt que de la somatiser dans la maladie ou le comportement inadapté.

La véritable guérison se poursuit par l’adorcisme (rappel de l’âme, ou de l’identité perdue)

Dans les cas d’ensorcellement, il faut d’abord procéder à un exorcisme suivi d’un adorcisme. Exorcisme des esprits maléfiques venant de l’extérieur qui ont pris la place de l’âme de la personne et adorcisme ou rappel de l’âme perdue. Il s’agit de « nettoyer » le patient des mauvaises énergies venant des autres. Les Indiens du Mexique appellent cette étape « limpia de las malas influencias » (nettoyage des mauvaises influences). La « limpia » est suivie de la « llamada del alma » (l’appel de l’âme). L’exorcisme doit être complété par l’adorcisme. Dans tous les cas d’ensorcellement, il faut exécuter l’exorcisme-adorcisme le plus rapidement possible. Mais il faut prendre le temps de bien identifier la provenance de la mauvaise influence, sinon l’exorcisme rate sa cible et l’adorcisme est alors impossible.

L’individuation : guérison de la fragilité (propension) à l’ensorcellement-possession

Une fois cette étape réalisée, une fois que le patient a repris possession de ses moyens (âme), l’étape suivante ne doit pas tarder. Il s’agit d’un exorcisme-adorcisme beaucoup plus fondamental qui consiste à éliminer l’auto-ensorcellement, c’est-à-dire toutes les mauvaises influences intérieures accumulées et refoulées depuis la naissance et même avant et qui se sont substituées à l’identité même de l’individu. C’est le seul moyen que je connaisse pour réparer la fragilité à l’ensorcellement-possession. Ici, la démarche peut s’apparenter à une psychothérapie en profondeur (psychanalyse) dont le souci essentiel est de mettre au jour les souffrances refoulées qui se confondent avec celles qu’on a héritées de ses parents qui, eux, avaient hérité celles de leurs parents… Ces blessures de l’âme sont autant de brèches qui laissent pénétrer les mauvaises influences. Mais se guérir de ces blessures, c’est en même temps se désensorceler de ses parents et ancêtres, c’est obéir au désir du Christ de se séparer de son père et de sa mère (« Je ne suis pas venu sur terre pour apporter la paix, mais le glaive. Je suis venu séparer le fils du père, la fille de la mère » – Jésus-Christ).

Autonomie (identité) d’abord, liberté (altérité) ensuite

Il faut que le père meure pour le que le fils vive. Il faut que la mère meure pour que la fille vive. C’est ce processus de parricide qui fait émerger et évacuer nos souffrances et qui est en même temps un processus d’individuation. Et s’individuer consiste d’abord en la quête de son autonomie, c’est-à-dire en l’identification de ses frontières, ses limites, son identité, identification à soi qui n’est possible qu’en se débarrassant des mauvaises influences ou désidentification de son père, de sa mère et de la société qui les prolongent. S’individuer consiste ensuite à étendre ses frontières, à s’ouvrir à l’autre, à communier à l’altérité, bref à actualiser sa liberté. Mais il faut d’abord acquérir son autonomie, son identité pour actualiser sa liberté, pour accéder à l’altérité. Le repliement sur soi fait système avec le dépliement de soi.

Santé : équilibre symbolique, ou électromagnétique

Ces deux étapes thérapeutiques, l’extérieure et l’intérieure, mettent en jeu une lutte énergétique : l’équilibre contre le déséquilibre. La guérison correspond à l’équilibre électromagnétique qui correspond, au plan psychologique, à l’équilibre symbolique. En contrepartie, lorsqu’il y a maladie, il y a déséquilibre symbolique.

Je m’explique. L’équilibre symbolique consiste en notre capacité d’intégrer (faire la synthèse), dans notre conscience, dans notre sensibilité, les deux pôles opposés (+ et – comme en électromagnétisme) qui deviennent dès lors complémentaires et harmonisés : pensée positive/ pensée négative, altruisme/égoïsme, audace/peur, jouissance/souffrance, animus (yang)/ anima (yin), raison/passion, fermeté/détente, etc. Le refoulement de la souffrance entraîne toujours le refoulement de l’un ou l’autre de ces deux pôles, ordinairement celui qui est identifié à la situation souffrante refoulée. Dès que l’un des deux pôles est refoulé, s’installe le déséquilibre symbolique qui se traduit par un déséquilibre électromagnétique, lequel crée le terrain propice à la maladie.

Maladie : déséquilibre symbolique, ou électromagnétique

Plus la maladie progresse, plus le déséquilibre symbolique s’accentue, c’est-à-dire plus on cherche à refouler cette souffrance qui s’impose au rythme de la maladie, plus le moral doit être fort. À la négativité corporelle on oppose la positivité spirituelle. Plus la pensée positive s’affermit plus la maladie négative doit rétablir l’équilibre psychique perdu. Et si on a parfois l’impression que la pensée farouchement positive a eu raison de la maladie, c’est qu’on a réussi à refouler efficacement une souffrance en la rediluant dans l’inconscient (l’ensemble du corps). Le prochain et inéluctable épisode de maladie n’en sera que plus dévastateur.

La véritable guérison va donc consister en la construction d’un véritable équilibre symbolique indissociable d’un véritable équilibre énergétique. Et cet équilibre symbolique ne s’acquiert qu’en se désensorcelant, se dépossédant de ses parents et ancêtres, qu’en se désidentifiant des autres pour s’identifier à soi-même. L’individuation se vérifie par l’acquisition de l’équilibre symbolique qui ne laisse plus ou peu de place au refoulement.

L’équilibre symbolique n’est pas statique, il est dynamique ; il oscille rapidement d’un pôle à l’autre

Attention ! L’équilibre symbolique n’est pas l’immobilité tao de l’acupuncture. Il n’est pas statique ; il est dynamique. Il consiste en une oscillation constante entre le + et le – entre la souffrance et la jouissance, entre la mort et la résurrection. L’équilibre est plutôt le passage de plus en plus rapide d’une fois à l’autre qui fait que la maladie a de moins en moins le temps de s’installer. Aussitôt apparue, elle disparaît, puisque le pôle souffrant et négatif qu’elle manifestait surgit aussitôt à la conscience et épargne le corps de la souffrance.

L’équilibre statique est un pseudo-équilibre, une illusion d’équilibre campé, cristallisé dans un déséquilibre inconscient. Il est le total repliement sur soi, il est autistique, il est l’incommunicabilité à soi et à autrui, il est la mort. L’équilibre dynamique est le contraire. S’il est fermé parfois, c’est pour mieux s’ouvrir à soi et à l’autre, à sa propre souffrance et à la souffrance de l’autre qui ne l’effraie plus, parce qu’il sait que la sienne et celle de l’autre débouchent forcément sur la jouissance. Telle est la seule voie pour s’affranchir de la loi qui interdit la jouissance.

Thérapie : la compassion

L’équilibre dynamique est le seul capable d’accueillir la souffrance et, par le fait même, de l’évacuer. Il autorise la compassion qui n’est pas un vague sentiment de souffrir la souffrance de l’autre, mais la conscience de la souffrance de l’autre. Être conscient de la souffrance de l’autre implique que l’on sait d’où elle vient et où elle va. D’où elle vient : auto-ensorcellement ou refoulement et ensorcellement-possession. Où elle va : vers la guérison et la jouissance, momentum de l’équilibre dynamique.

D’où vient la guérison ? De la compassion, de la compassion à soi pour se guérir et jouir, de la compassion à l’autre pour l’aider à se guérir et à jouir. Sans cette compassion à soi et à l’autre, la guérison véritable est impossible. En effet, seul cette compassion peut donner du sens à la souffrance qui dès lors peut être accueillie et évacuer.

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Ce texte provient de Psychologie et chamanisme au 21e siècle, Louise Courteau éditrice, 1999.

Jean-Jacques Dubois Ph.D.
Thérapeute, conférencier, auteur,
Codirecteur de l’ermitage Clair-Obscur.
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